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Les Khalifs

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La Mouridiyyah

Les Khalifs

Les successeurs de Cheikh Ahmadou Bamba à la tête de la confrérie mouride, gardiens de son héritage spirituel et bâtisseurs de la cité sainte de Touba.

Les Khalifs de Cheikh Ahmadou Bamba

Depuis le rappel à Dieu de Cheikh Ahmadou Bamba en 1927, huit Khalifs se sont succédé à la tête de la Mouridiyyah. Chacun, à sa manière, a poursuivi l’œuvre du fondateur : l’achèvement de la Grande Mosquée, le développement de Touba, l’enseignement du Coran et la préservation de la concorde religieuse.

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Cheikh Mouhamadou Moustapha Mbacké

1927 – 1945

Après le rappel à Dieu de Cheikh Ahmadou Bamba le 19 juillet 1927 à Diourbel, son fils aîné, Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké, devint le premier Khalif de la Mouridiyyah, le 25 juillet de la même année.

Né à Darou Salam, sa piété, sa tolérance et son dynamisme lui ont permis d’affronter avec courage les moments difficiles que traversait le Mouridisme à cette époque.

De par ses nombreux travaux, il construisit un premier forage à Ndam, obtint de l’administration coloniale l’autorisation de construire la Grande Mosquée à laquelle tenait son vénéré père, et fit aménager 50 km de voies ferrées allant de Diourbel à Touba en passant par Mbacké.

Il s’éteignit le 13 juillet 1945. Son œuvre sera poursuivie par El Hadj Fadilou Mbacké.

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Cheikh Mouhamadou Fadilou Mbacké

1945 – 1968

Comme son frère aîné, il naquit à Darou Salam en 1886 et prit la relève en assurant le Khalifat de la confrérie mouride vingt-trois ans durant.

Il entreprit aussi de nouveaux plans d’urbanisation avec la construction de nouvelles habitations, les rues convergeant toutes vers la Grande Mosquée (plan radioconcentrique).

Précurseur du Grand Magal, qui consiste à célébrer le départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba le 18 Safar à Touba, il disparut en août 1968, pour céder la place à Serigne Abdoul Ahad Mbacké.

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Cheikh Abdoul Ahad Mbacké

1968 – 1989

L’arrivée du 3e Khalif marqua une phase de rebondissement par l’évolution d’une ville opérationnelle et dynamique.

Incontestablement, il fut aussi un grand bâtisseur. En deux décennies, il a transformé Touba, petit village créé à la fin du XIXe siècle (1887), en ville moderne.

Serigne Abdoul Ahad Mbacké s’est éteint le 19 juin 1989. Le califat devait ainsi échoir à son frère cadet, Serigne Abdou Khadre Mbacké.

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Cheikh Abdoul Khadre Mbacké

1989 – 1990

Serigne Abdoul Khadre Mbacké, quatrième Khalif de Khadimou Rassoul, est né le vendredi 2 Muharram (Tamxarit) de l’an 1333 H. (1914) à Darou Halimoul Khabir, ou Ndam.

Serigne Abdou Khadre reconnaissait sa mission comme étant la conformité à la Sunnah, ce qui lui valut le titre d’Imaamul Imaam (Ilimaanu Ilimaan yi). On disait qu’il ressemblait beaucoup à son père au plan physique.

Imam de la Grande Mosquée de Touba durant deux décennies, Serigne Abdou Khadre a été Khalif général des mourides pendant 11 mois (du 19 juin 1989 au 13 mai 1990).

Serigne Saliou Mbacké, cinquième Khalif de Khadimou Rassoul, lui succède.

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Cheikh Salih (Saliou) Mbacké

1990 – 2007

Né en 1915 à Diourbel, Serigne Saliou Mbacké, le 5e Khalif général des mourides, était un homme simple et généreux dont l’activité se partageait entre les écoles coraniques (daara) et les champs.

Son ambition pour la cité sainte l’a conduit à reprendre les travaux d’agrandissement de la mosquée et à chercher à mener à son terme le chantier de l’Université islamique, suspendu depuis la disparition de Serigne Abdoul Ahad en 1989.

Grand producteur, il a réalisé un énorme projet agricole (Khelcom) sur une surface de 45 000 hectares. Il a mis en place un plan de viabilisation de terrains d’environ 100 000 parcelles ainsi qu’un réseau d’électrification de la ville.

Il disparut le 28 décembre 2007, laissant place à son successeur Serigne Mouhamadou Lamine Bara Mbacké (fils de Serigne Fallou Mbacké).

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Cheikh Mouhamadou Lamine Bara Mbacké

2007 – 2010

Né en 1924, Serigne Bara Mbacké Falilou était d’un naturel très sobre et d’un abord facile.

Dès son accession au Khalifat, El Hadji Mouhamadou Lamine Bara a beaucoup œuvré dans l’assainissement des mœurs à Touba. Il a, en effet, déclaré la guerre à la débauche, à la mendicité, etc. Il s’est investi dans l’achèvement des travaux de modernisation de Touba entamés par son prédécesseur, feu Serigne Saliou Mbacké.

Il disparut le 30 juin 2010 à Allieu (quartier de Touba). Cheikh Sidy Al Moukhtar Mbacké lui succède au califat.

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Cheikh Sidy Al Mokhtar Mbacké

2010 – 2018

Serigne Sidy Al Mokhtar Mbacké est né en 1924 à Mbacké Kadior, village où Serigne Bara, son père, avait l’habitude de se retirer pour apprendre le Coran et pratiquer les préceptes de l’Islam. Il a suivi une formation complète sur les sciences religieuses.

Il commence les travaux de la mosquée Massalikoul Djinane de Dakar, qui était l’un des projets phares de son prédécesseur. Il est également à l’origine de l’élargissement de la Grande Mosquée de Touba (extension des 7 minarets).

Il a été rappelé à Dieu le mardi 9 janvier 2018.

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Cheikh Mouhamadoul Mountakha Mbacké Khalif actuel

Depuis 2018

Respecté par ses pairs pour son humilité, le religieux est devenu le huitième Khalif de la confrérie soufie. C’est une présence discrète, mais toujours reconnaissable, dans les grandes cérémonies de la confrérie.

Il se distingue très rapidement par son visage jovial traversé d’une barbe blanche linéaire, surmonté parfois de lunettes qui cachent deux épais sourcils d’un blanc éclatant eux aussi. Serigne Mountakha Mbacké Bassirou est devenu, depuis le mercredi 10 janvier 2018, le huitième Khalif général des mourides, à la suite du rappel à Dieu de Serigne Sidy Mokhtar Mbacké.

Personnalité consensuelle, habitué des prêches d’union et des prières mortuaires solennelles, Serigne Mountakha Bassirou est un religieux détaché des mondanités et doté d’un franc-parler exceptionnel.

Durant sa carrière, Cheikh Mouhamadoul Mountakha a occupé les rôles de bras droit, d’homme de confiance et d’émissaire sous les magistères de plusieurs Khalifs généraux.

Considéré comme un homme de dialogue, cultivé, rassembleur et respectueux de l’orthodoxie mouride, Serigne Mountakha Bassirou a grandi dans l’ombre de ses frères. Il a étudié le Coran et les préceptes de son grand-père, fondateur de la confrérie, d’abord sous l’égide de son père Serigne Bassirou Mbacké, puis en Mauritanie.

Le 30 août 2007, il sort de sa retraite religieuse et se fait connaître des fidèles lorsqu’il reprend le titre de Khalif du fief familial de Darou Minane, à la suite du rappel à Dieu de son frère Serigne Moustapha Bassirou Mbacké. Une fonction qu’il a assurée pendant dix ans.

Ainsi, il dirigeait la prière de la Tabaski à Diourbel et le Fulkul Mashuun durant le mois béni de Ramadan, comme le faisait son aîné ; il a reconduit les Ndigal de Porokhane, où il se rend souvent, et a aussi achevé la construction de la mosquée de Darou Minane.

Son respect du Ndigal lui a valu la confiance de Serigne Saliou Mbacké. Cette confiance se verra renforcée par les Khalifs qui lui ont succédé, tels que Serigne Bara Mbacké et Serigne Sidy Al Mokhtar. Ce dernier lui accorde sa confiance dans la conduite des affaires religieuses de la cité de Touba, jusqu’à lui laisser l’honneur, en novembre 2017, de présider la cérémonie officielle du Grand Magal.

À l’image de son père, Serigne Bassirou Mbacké, il est un grand érudit qui détient d’autres connaissances faisant de lui un homme d’une grande culture, et dont la conduite est une référence pour les descendants de Cheikh Ahmadou Bamba et pour tous les disciples.

Lors de sa toute première allocution en tant que Khalif général des mourides, il a tendu la main aux guides des autres confréries islamiques du Sénégal comme aux autres religions, poursuivant ainsi l’héritage de concorde religieuse et de pacification institué par ses prédécesseurs. Il a assuré que sa démarche resterait fidèle aux préceptes mouridiques : adoration de Dieu et culte du travail.

Une continuité spirituelle

De Cheikh Mouhamadou Moustapha à Serigne Mountakha Bassirou, chaque Khalif a veillé à transmettre intacte la voie tracée par Khadimou Rassoul : le service de Dieu, le culte du travail et la paix entre les hommes.

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