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Touba

Accueil/Le Mouridisme/Touba

La cité sainte

Touba

La ville sainte fondée par Cheikh Ahmadou Bamba en 1888, terre de paix vouée à l’adoration exclusive de Dieu et cœur spirituel du Mouridisme.

Les origines

Fondation de la ville sainte de Touba

L’adoration de Dieu loin des tumultes est la raison principale de la fondation de la cité bénie de Touba en 1888 par le vénéré Cheikh Ahmadou Bamba, Khadimou r-Rassoul (fin 1305 H. – début 1306 H.). Touba est l’aboutissement d’un périple qui a duré cinq années entre Mbacké Cayor, Mbacké Baol et Darou Salam, de 1301 H. à 1306 H. (1883 à 1886).

Ces déplacements fréquents étaient motivés par une volonté de fuir les foules pour se consacrer uniquement à l’adoration de Dieu et au service de son Maître le Prophète Muhammad ﷺ. Touba est donc une récompense du Seigneur à Cheikh Ahmadou Bamba pour sa ferveur et sa haute détermination dans la quête d’une terre de paix où vouer à Dieu un culte exclusif.

وَمَن يُهَاجِرْ فِي سَبِيلِ اللَّهِ يَجِدْ فِي الْأَرْضِ مُرَاغَمًا كَثِيرًا وَسَعَةً

« Quiconque émigre sur le Sentier d’Allah trouvera sur terre plus d’espace (pour briser la fierté de ses ennemis) et une grande aisance. »

Sourate 4 — Verset 100

Pour l’emplacement du lieu, c’est Allah, le Très-Haut, qui l’a choisi et y guida le Cheikh. C’est pourquoi, dès son arrivée sur cette terre bénie, le vénéré Cheikh Ahmadou Bamba a aussitôt déclaré :

Je rends grâce à Dieu de m’avoir conduit vers un lieu (une terre) où il a annihilé mes obstacles.— La Quête du Bonheur des deux mondes (Matlabul Fawzeyni, vers 2)

L’origine du nom « Touba »

Le nom de « Touba » tire son origine du Noble Coran et signifie « félicité », « bonheur », en référence à l’arbre paradisiaque du même nom que le Saint Coran cite à la sourate 13, verset 29 :

الَّذِينَ آمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ طُوبَىٰ لَهُمْ وَحُسْنُ مَآبٍ

« Ceux qui croient et font de bonnes œuvres gagneront la félicité et aussi le plus bon retour. »

Sourate 13 — Verset 29
Ô Toi mon Seigneur, assimile ma demeure, la cité bénie de Touba, à son nom (paradisiaque), par la grâce de l’Envoyé ﷺ.— La Quête du Bonheur des deux mondes (Matlabul Fawzeyni, vers 57)

L’arbre de Touba

Dans le recueil intitulé Alliance en perles précieuses (Silkul Jawaahiri Fii Axbaaris Saraa-iri) de Cheikh Ahmadou Bamba, il est rapporté que Kahb al-Ahbaar (qu’Allah soit satisfait de lui) a dit : « J’ai interrogé le Prophète ﷺ à propos des arbres du Paradis. Il répondit : « Leurs branches ne sèchent pas ; leurs feuilles ne tombent pas. Ces arbres restent humides éternellement. Le plus grand d’entre eux est l’arbre qui porte le nom de Touba ; son tronc est fait de perles, ses branches sont de chrysolithe, et ses feuilles sont de soie légère. Dans le Paradis, il n’y a pas une chambre ou une coupole où ne parvient une branche de cet arbre qui lui donne de l’ombre. L’arbre possède des fruits qui font envie à l’âme et plaisir à regarder. On peut comparer cela au soleil dans le monde : son origine est dans le ciel et sa lumière peut parvenir à tous les lieux de la terre. » »

La cité sainte de Touba, cœur spirituel du Mouridisme

Le Grand Magal

Touba et la célébration du 18 Safar

La célébration du 18 Safar, communément appelée Magal (Màggal) — qui signifie en wolof rendre hommage, célébrer, magnifier —, marque la commémoration annuelle du départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba au Gabon. Elle est considérée comme le plus grand rassemblement humain au Sénégal : un événement historique multidimensionnel, à la fois religieux, politique, social et économique.

Religieux

Actions de grâce et dévotion en mémoire du Cheikh.

Politique

Délégations officielles et corps diplomatique.

Social

Grandes retrouvailles et retour des émigrés.

Économique

Échanges et période propice à l’économie.

L’originalité du Grand Magal de Touba réside à deux niveaux. D’abord, contrairement à ce que l’on a l’habitude de célébrer, il marque le début de dures épreuves et de souffrances endurées par le Cheikh durant l’exil. Ensuite, c’est le Cheikh qui l’a initié (à Diourbel) pour la première fois et a recommandé à ses fidèles de se souvenir de ce jour béni durant lequel il a obtenu tout ce qu’il voulait de son Seigneur.

Celui pour qui mon bonheur est le sien, où qu’il se trouve, devra tout mettre en œuvre le jour du 18 Safar pour rendre grâce à Dieu, car mes remerciements personnels ne pourraient suffire pour témoigner ma reconnaissance au Seigneur.— Cheikh Ahmadou Bamba

Le Magal constitue un moment privilégié pour chaque musulman de magnifier, en parfaite symbiose avec le Cheikh, les innombrables bienfaits que Dieu lui a accordés. Cela est conforme aux enseignements coraniques : « Si vous êtes reconnaissants, très certainement J’augmenterai Mes bienfaits pour vous. Mais si vous êtes ingrats, Mon châtiment vous sera terrible. » (Sourate 14, verset 7)

D’une célébration locale au grand rassemblement

À l’origine, chaque taalibé célébrait le Magal là où il se trouvait, pourvu d’être conforme aux recommandations du Cheikh. Avec le temps, le deuxième Khalif, Cheikh Mouhamadou Fadilou Mbacké, a eu l’idée de rassembler tous les mourides à Touba, dans le cadre du raffermissement de la cohésion de la communauté. Il y avait ainsi des objectifs spirituels, mais aussi sociaux (rencontre, échanges) et économiques : les ruraux venus avec leur production pouvaient l’écouler facilement avec l’arrivée des citadins, créant un courant d’échanges entre les deux groupes.

La particularité du Grand Magal repose sur l’importance que les mourides donnent à l’événement : pour le mouride, participer à la célébration du 18 Safar est devenu une composante de sa doctrine. On y procède à des actions de grâce à la gloire d’Allah, dont la mansuétude a couvert l’Islam et les musulmans, sans compter les profits spirituels accordés au Cheikh.

Comment célébrer le 18 Safar

Le Saint Coran

La lecture du Noble Coran tout au long du jour béni.

Les panégyriques

La récitation des qaçidas à la gloire du Prophète ﷺ.

Les prières

La formulation des prières sur le Prophète ﷺ.

Le « bernde »

La restauration des pèlerins venus en nombre.

L’hospitalité

Offrir l’accueil aux hôtes de la ville sainte.

Les lieux saints

La visite des lieux symboliques de Touba.

Intérieur de la Grande Mosquée de Touba
L’intérieur de la Grande Mosquée de Touba

Les lieux symboliques de Touba

La Grande Mosquée

Elle jouxte le mausolée de Cheikh Ahmadou Bamba.

Daaray Kaamil

La plus grande bibliothèque de Touba.

L’Université islamique

Un projet dont une grande partie est réalisée.

Hôpital Matlaboul Fawzayni

Au service des habitants et des pèlerins.

Université Al Azhar

Projet dédié aux études islamiques.

Kër Mag Moom

La résidence du Khalif général des Mourides.

Concernant le plus grand cimetière de Touba, les visiteurs y trouveront les grandes figures du Mouridisme :

Cheikh Mouhamadoul Amin Diop Dagana Serigne Affé Niang Cheikh Issa Diène Cheikh Ahmed Gaye Diamoye Cheikh Hamzatou Diakhaté Cheikh Ibrahima Fall Cheikh Matar Binta Lo

Le gouvernement du Sénégal comme les principaux leaders de la classe politique se font représenter à cette grande fête religieuse par d’importantes délégations, lors de la cérémonie officielle en présence du Khalif général des Mourides. Le corps diplomatique n’est pas en reste et est également toujours représenté. Le Grand Magal est l’occasion de grandes retrouvailles pour la communauté mouride, marquée par le retour des émigrés, et une période propice pour l’économie sénégalaise.

Grâces et bénédictions

Touba, une ville aux bienfaits incommensurables

Ce qui fait affluer les populations vers Touba n’est rien d’autre qu’une réponse massive à l’appel lancé par le fondateur lui-même, Cheikh Ahmadou Bamba :

J’invite tous ceux qui fondent leur espoir en moi à venir élire domicile à Touba. Car, pour chacun, la pointe du toit de sa maison de Touba servira d’argument le Jour de la Résurrection.— Extrait du sermon de Serigne Abdoul Ahad Mbacké, 3e Khalif des Mourides, décembre 1988

Ce déferlement s’explique aussi par les innombrables bienfaits promis aux habitants de Touba. Cheikh Ahmadou Bamba dit à ce propos :

Mes demeures et les voisins que Dieu m’a choisis sont préservés de tout ce qui est générateur de disgrâce. Seigneur ! Absous de leurs péchés premiers et derniers celui qui élit droit de cité à Touba et quiconque s’y rend en signe de piété.— Cheikh Ahmadou Bamba

À l’image de Médine, la cité illuminée

Ces faveurs exceptionnelles attachées à la ville sainte de Touba, et que le Cheikh a obtenues de son Seigneur, ne rappellent-elles pas les promesses que l’Envoyé de Dieu ﷺ avait faites aux habitants de Médine ? Il est rapporté dans le recueil des sentences authentiques de Muslim que le Prophète ﷺ a enjoint d’endurer la pauvreté et les conditions difficiles que l’on peut rencontrer à Médine.

Lorsque certains de ses habitants ont voulu émigrer vers les terres fertiles et les cités plus riches, il s’est exclamé :

Médine est mieux pour eux, s’ils savaient. Allah remplace par quelqu’un de meilleur quiconque est heureux de la quitter. J’intercéderai, ou je serai le témoin, en faveur de quiconque y endure l’indigence et l’adversité.— Le Prophète ﷺ (rapporté par Muslim)
Celui qui peut mourir à Médine, qu’il le fasse, car je serai l’intercesseur de celui qui meurt à Médine.— Le Prophète ﷺ

Chaque disciple mouride, quel que soit son lieu de résidence, formule le vœu de vivre à Touba, d’y reposer l’âme et d’y ressusciter ; c’est également le vœu de celui qui n’a pas la faveur d’y résider d’y être inhumé. Il est rapporté que, durant le séjour du Cheikh à Diourbel (en résidence surveillée), quand on lui apprenait le rappel à Dieu d’un disciple, il recommandait qu’on l’amène à Touba afin qu’il bénéficie des grâces divines attachées à l’enceinte, lui procurant le salut et la félicité éternelle.

Le cœur spirituel du Mouridisme

De sa fondation en 1888 au Grand Magal qui réunit chaque année des millions de fidèles, Touba demeure la terre de paix voulue par Cheikh Ahmadou Bamba — un refuge voué à l’adoration de Dieu et à la mémoire de Khadimou Rassoul.

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