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Le Fondateur

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La Mouridiyyah

Le Fondateur

Cheikh Ahmadou Bamba, Khadimou Rassoul — Serviteur du Prophète — fondateur de la voie mouride et guide d’une résistance spirituelle et pacifique.

Le Mouridisme

Cheikh Ahmadou Bamba et le Mouridisme

Plus connu sous le nom de Cheikh Ahmadou Bamba, le Cheikh a en réalité été baptisé sous le nom d’Ahmad Ibn Mouhammad Ibn Habib Allah.

Origines et formation

Issu d’une famille pieuse très versée dans les sciences religieuses, il a vu le jour à Mbacké Baol, village fondé par son arrière-grand-père et foyer d’intenses activités religieuses dont l’une des plus parfaites illustrations est incarnée par son père. En effet, ce dernier, en l’occurrence Mouhammad, familièrement appelé Mame Mor Anta Saly, jouissait d’un immense prestige auprès des princes et des oulémas. Il n’est donc pas étonnant que l’école qu’il dirigeait fût le point de convergence de l’époque. Par ailleurs, son oncle maternel Mouhammad Bousso était réputé être l’un des plus éminents érudits de cette période. Sa mère Sokhna Maryama Bousso (appelée Diaratou Lah, la voisine de Dieu) était connue comme une femme pieuse, s’inspirant des préceptes de l’Islam dans l’éducation de ses enfants.

C’est ainsi que Cheikh Ahmadou Bamba mémorisa très tôt le Saint Coran, maîtrisa la langue et la littérature arabes, en plus de disposer d’une solide formation théologique. Il a bénéficié dans sa formation de l’apport de plusieurs maîtres, parmi lesquels Mouhammad Bousso, son oncle paternel Samba Toukoulor Ka, le cadi Madiakhaté Kala et Cheikh Mouhammad Ben Mouhammad Al Karim Addaïmany, entre autres. Il suppléa si bien son père dans son métier d’enseignant que ses qualités pédagogiques amenèrent la majeure partie des disciples à le préférer à ce dernier.

Portrait de Cheikh Ahmadou Bamba (Serigne Touba)
Cheikh Ahmadou Bamba, Serigne Touba

La naissance du Mouridisme

Ainsi, après la disparition de son père, assuma-t-il dignement sa succession à la tête de l’école. Pourtant, il ne dura pas dans cette charge tant le mouvement de réforme vit bientôt le jour. Ainsi, en 1881, il s’adressa à tous ses disciples en ces termes :

Quiconque m’accompagne pour la seule et simple raison de s’instruire peut désormais chercher ailleurs ; mais quiconque partage mon ambition et ma volonté peut me suivre dans la nouvelle voie que j’ai tracée.
Cheikh Ahmadou Bamba, Khadimou Rassoul
Cheikh Ahmadou Bamba, Khadimou Rassoul — le Serviteur du Prophète

Cheikh Ahmadou Bamba ne considérait pas l’enseignement comme une fin en soi afin de parvenir à la connaissance. Ceux qui restèrent formèrent alors le premier escadron de ses vrais disciples, qui constituèrent le noyau du Mouridisme. Ils étaient un nombre restreint, dont Cheikh Adama Gueye, Cheikh Ibrahima Sarr, Cheikh Abdou Rahmane Lo, Cheikh Massamba Diop, Cheikh Ibrahima Mbacké, Cheikh Mbacké Bousso, Cheikh Sidi Al-Moukhtar Mbacké, Cheikh Ibrahima Fall, etc.

Une rupture avec l’ordre établi

La déclaration fracassante de Cheikh Ahmadou Bamba concernant sa nouvelle stratégie éducative fut perçue, dans les milieux intellectuels, religieux, sociaux et politiques, comme une révolte contre le système socio-politique qui prévalait jusqu’alors. De surcroît, les disciples et subordonnés des marabouts et chefs coutumiers adhérèrent en masse au Mouridisme, ce qui eut pour effet d’exacerber la colère de ces derniers contre le Cheikh. Ils allèrent même jusqu’à l’accuser de vouloir s’arroger le titre de chef. Quant aux princes et aux autorités coloniales, ils virent dans cette adhésion massive le risque de perdre leur pouvoir de commandement sur les populations.

L’épreuve de l’exil

Par conséquent, ils eurent recours à la calomnie et l’accusèrent de vouloir mener une lutte armée à leur encontre, en vue d’instaurer un État islamique à l’instar d’El Hadji Oumar Foutiyou Tall, de Maba Diakhou Ba et de Thierno Souleymane Baal. Cependant, Cheikh Ahmadou Bamba n’a jamais considéré la lutte armée comme un moyen efficace contre les colonisateurs. Bien au contraire, ses seules armes restaient sa plume et son encre. Ces calomnies finirent par susciter l’inquiétude des autorités coloniales, ce qui les amena à le condamner à la déportation au Gabon à l’issue d’un procès inique. En son absence, il confia l’intérim à son frère et disciple de la première heure Mame Thierno Ibrahima Mbacké, qui s’acquitta de cette tâche avec l’appui des autres pionniers du Mouridisme : Cheikh Ahmad Ndoumbé Mbacké, Cheikh Ibrahima Fall et Cheikh Assane Ndiaye.

Le séjour du Cheikh au Gabon dura presque huit ans (1895-1902). Le Cheikh fut de nouveau exilé en Mauritanie de 1903 à 1907, puis à Thiéyène, une contrée sénégalaise alors éloignée et dépeuplée, située au nord-est du pays, où il passa cinq ans sous résidence surveillée. Finalement, il fut conduit à Diourbel, où il vécut le reste de ses jours, toujours assigné à résidence surveillée. Il a consacré toute sa vie à se conformer aux recommandations divines, à l’éducation des mourides et à tout ce qui est de nature à favoriser l’épanouissement spirituel de ses disciples. En témoigne le grand nombre d’apôtres érudits qui ont assumé dignement le sacerdoce, et grâce à qui le drapeau de l’Islam flotte toujours haut.

Un héritage vivant

Celui à qui incombe présentement la lourde tâche de prendre en main la destinée du Mouridisme est l’actuel Khalif Cheikh Mouhamadoul Mountakha Mbacké (qu’Allah le Très-Haut lui accorde davantage de santé et de longévité). Il a pris le relais de Cheikh Sidy Al Moukhtar Mbacké qui, après sept années de Khalifat, a fait des sacrifices de toutes natures dans l’unique et seul but de satisfaire son Seigneur, mais aussi de rendre service à l’Islam et aux musulmans. Ses initiatives très positives et ses grands projets sont un exemple vers le bonheur et la prospérité du pays. Il a été rappelé à Dieu le mardi 9 janvier 2018. Puisse Allah agréer tous ses efforts et l’accueillir dans Son Paradis éternel.

La succession

Les Khalifs de Cheikh Ahmadou Bamba

Depuis 1927, huit Khalifs ont veillé sur l’héritage du fondateur et bâti la cité sainte de Touba. Découvrez le parcours de chacun, de Cheikh Mouhamadou Moustapha à Serigne Mountakha Bassirou.

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