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Changement d’heure : restons vigilants face au rapprochement des horaires de prière

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Changement d’heure : restons vigilants face au rapprochement des horaires de prière

Changement d’heure : restons vigilants face au rapprochement des horaires de prière

Le passage à l’heure d’hiver aura lieu dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, إن شاء الله. Cet événement ne se résume pas à un simple ajustement de nos montres : il marque également un changement dans l’organisation de nos journées, auquel chaque fidèle doit prêter une attention particulière.

En effet, les horaires des cinq prières quotidiennes sont déterminés par des repères liés à la position du soleil. Il est donc essentiel de prendre connaissance des horaires actualisés de notre localité afin de veiller à accomplir chaque prière dans son temps prescrit.

À mesure que l’hiver approche, les journées raccourcissent et les nuits s’allongent. Les horaires de prière se resserrent alors, notamment entre le milieu de la journée et la nuit. Tisbaar (Dhuhr), Tàkkusaan (Asr), Timis (Maghrib) et Gee (Isha) se succèdent ainsi dans un intervalle de temps relativement court. À l’inverse, plusieurs heures peuvent séparer la prière de Gee de celle Fajar, ce qui nous invite à mieux réfléchir à notre organisation quotidienne.

Cette période de transition est donc l’occasion de nous interroger sur notre rapport au temps, sur la place que nous accordons à la prière dans nos journées et sur les efforts que nous sommes prêts à consentir pour préserver ce lien essentiel avec ALLAH. Ce sont autant de sujets sur lesquels le vénéré Cheikh Ahmadou Bamba رضي الله عنه nous a prodigué de précieux enseignements dans plusieurs de ses qasiida.

1. Organiser nos journées pour préserver nos prières

Le rapprochement des horaires de prière peut représenter un véritable défi dans notre quotidien. Entre les obligations professionnelles, les études, les déplacements, les responsabilités familiales et même parfois certaines activités du Daahira, il peut arriver que nous perdions la notion du temps ou que nous laissions passer l’heure d’une prière sans en mesurer pleinement les conséquences.

C’est pourquoi nous devons apprendre à anticiper davantage, à consulter régulièrement les horaires locaux et à aménager nos journées de manière à accomplir chaque prière dans son temps prescrit.

Le changement d’heure civile ne modifie pas les fondements des horaires de prière, qui demeurent liés aux repères solaires. Il nous appartient donc de nous référer à un calendrier de prière actualisé, adapté à notre localité, plutôt que de nous fier uniquement à nos habitudes ou à nos anciens repères.

Essayons, autant que possible, d’accorder à nos prières la place qu’elles méritent dans nos journées.

2. Faire du changement d’heure un nouveau départ pour Fajar

La nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre, nous reculerons nos montres d’une heure et gagnerons ainsi une heure de sommeil. Mais si nous faisions de cet ajustement bien plus qu’un simple changement sur nos horloges ? Et si nous saisissions cette occasion pour prendre une résolution ferme et sincère : devenir assidus à la prière de Fajar et le rester durablement ?

En cette période de l’année, selon les localités, Fajar se situe autour de 7 heures du matin. Pour beaucoup d’entre nous, cet horaire est relativement accessible. Alors, pourquoi ne pas profiter de cette circonstance favorable pour prendre un engagement sincère envers ALLAH et commencer, dès aujourd’hui, à bâtir une habitude solide ?

Ne nous disons pas : « Je serai plus assidu·e lorsque l’heure de Fajar sera plus tardive ». Commençons maintenant, pendant que les conditions nous facilitent encore les choses. Car, au fil des saisons, les jours passeront, les horaires avancent et Fajar se rapprochera progressivement de 5 heures, puis de 4 heures, jusqu’à arriver à 3 heures du matin en été dans certaines localités.

C’est aujourd’hui, lorsque l’effort nous paraît encore accessible, que nous devons construire la discipline qui nous aidera à nous lever demain, lorsque le réveil sera plus difficile. Au début, il faudra peut-être lutter contre le sommeil, réorganiser nos soirées, limiter les veillées inutiles et apprendre à nous coucher plus tôt, comme nous y invite l’enseignement du Prophète ﷺ.

Ces efforts prennent tout leur sens lorsque nous nous rappelons les mérites de la prière de Fajar.

Le Prophète ﷺ a dit : « Les deux unités de prière de Fajar sont meilleures que ce monde et tout ce qu’il contient ».

– Rapporté par Muslim (725)

Ce rappel nous invite à accorder une attention particulière à ce rendez-vous avec ALLAH et à nous préparer, avec sincérité, à accueillir ces instants bénis. Et avec de la persévérance, une nouvelle habitude peut s’installer. Peu à peu, ce qui nous demandait tant d’efforts devient plus naturel. Mieux encore, nous pouvons finir par attendre avec joie ce rendez-vous privilégié avec ALLAH, dans le calme de l’aube, lorsque le monde dort encore et que nous avons la possibilité de nous tenir devant notre Seigneur, loin de l’agitation du quotidien.

Ne remettons donc pas à demain ce que nous pouvons commencer aujourd’hui. Ne faisons pas dépendre notre assiduité de la facilité des horaires, faisons plutôt de cette facilité une occasion de nous fortifier.

Que ce changement d’heure soit pour nous un véritable déclic, le début d’une résolution durable : celui de ne plus délaisser Fajar, de persévérer dans son accomplissement et de rester fidèles à ce rendez-vous avec ALLAH, même lorsque l’aube se lèvera à des heures beaucoup plus matinales.

3. Sommes-nous assidus à Fajar par conviction ou par obligation ?

Prenons également le temps de réfléchir à une situation que beaucoup d’entre nous connaissent : il arrive que l’heure de Fajar coïncide avec celle à laquelle nous devons nous réveiller pour aller travailler ou nous rendre à la faculté, pour les étudiants. Cette coïncidence nous permet d’accomplir la prière Fajar avant de commencer notre journée. C’est une belle occasion de préserver cette obligation et de renforcer notre assiduité.

Mais posons-nous une question, avec sincérité, bienveillance et sans chercher à nous juger :

Si nous n’avions pas besoin de nous lever pour le travail ou les études, nous lèverions-nous tout de même pour accomplir Fajar ?

Qu’en est-il les week-ends, pendant les vacances scolaires, les jours de congé ou lorsque nous sommes en télétravail ? Lorsque rien ne nous oblige à quitter notre lit de bonne heure, faisons-nous les mêmes efforts pour préserver ce précieux rendez-vous avec ALLAH ?

Ces questions ne sont pas destinées à nous culpabiliser. Chacun connaît ses difficultés, ses contraintes et les combats qu’il mène intérieurement. Elles nous invitent plutôt à examiner nos intentions et à chercher, avec humilité, les moyens de progresser. L’objectif est d’apprendre, peu à peu, à nous lever pour ALLAH par conviction, par amour pour Lui et par désir de nous rapprocher de Lui, et non uniquement parce que nos obligations professionnelles ou scolaires nous imposent un réveil matinal.

Car la véritable constance se révèle aussi lorsque nous avons le choix de rester au lit, lorsque personne ne nous attend et lorsque rien, en apparence, ne nous oblige à nous lever. C’est précisément dans ces moments que notre intention prend toute son importance : choisir de nous réveiller pour répondre à l’appel de notre Seigneur, même lorsque nos occupations terrestres ne nous y contraignent pas.

Que ce changement de saison soit donc pour chacun de nous une occasion de renouveler notre engagement, de consolider nos habitudes et de préparer notre cœur aux horaires plus matinaux qui reviendront avec l’été.

4. Lorsque les prières se rapprochent, redoublons de vigilance

Si l’horaire actuel de Fajar nous offre une occasion favorable pour renforcer notre assiduité, un autre défi nous attend : celui des prières de la journée, dont les horaires se resserrent à l’approche de l’hiver.

Tisbaar, Tàkkusaan, Timis et Gee s’enchaînent parfois à quelques heures d’intervalle, au milieu du travail, des études, des déplacements et des responsabilités quotidiennes. Et si l’on ne s’organise pas un minimum, on risque de tout remettre à plus tard et de finir par opter pour un « forfait groupé » ou de faire du « en gros », comme on dit familièrement, en accomplissant plusieurs prières à la suite au lieu de chacune dans son temps prescrit.

C’est donc l’occasion de réfléchir à la manière dont nous pouvons préserver au mieux nos cinq prières au milieu de nos occupations quotidiennes. Si Fajar bénéficie actuellement d’un horaire relativement accessible, les autres prières peuvent parfois demander un peu plus d’organisation, notamment lorsque les journées sont chargées.

Nous pouvons alors apprendre, progressivement, à mieux organiser notre temps afin d’accorder à chaque prière la place qu’elle mérite, sans attendre systématiquement qu’un moment se libère dans notre emploi du temps.

Anticiper les horaires, mettre à profit les pauses au cours de la journée, repérer à l’avance un endroit adapté pour prier, comme une salle de prière ou une mosquée à proximité, notamment lorsque l’on ne peut pas rentrer chez soi, et réfléchir aux solutions possibles en cas d’imprévu sont autant de petites habitudes qui peuvent nous aider à préserver plus sereinement nos prières au quotidien.

Combien d’entre nous se plaignent de ne pas pouvoir faire la prière au boulot ou à l’école, faute de temps ou d’un endroit adapté ? Mais qu’en est-il lorsque nous n’avons ni boulot ni école, que nous sommes à la maison et “maîtres” de notre emploi du temps ? Ne sommes-nous pas parfois capables de sortir faire des courses, d’aller au sport ou même de nous accorder une activité récréative, alors que nous sommes à seulement 10 minutes de Timis ?

Bien sûr, ces activités ont leur importance, mais certaines peuvent être reportées à un moment plus opportun lorsque le devoir nous appelle. Une petite réflexion à nous faire, avec bienveillance, pour essayer de donner à la prière la place qu’elle mérite dans notre quotidien.

L’essentiel n’est pas de tout réussir parfaitement du jour au lendemain, mais d’avancer avec sincérité et persévérance, en cherchant chaque jour à mieux préserver ce lien précieux qui nous unit à ALLAH.

Il est particulièrement important de rester vigilant à l’approche du coucher du soleil, car celui-ci marque la fin du temps de la prière de Tàkkusaan.

Le Prophète ﷺ a dit : « Et quiconque accomplit une ràkka de la prière de Tàkkusaan avant le coucher du soleil a accompli la prière de Tàkkusaan ».

– Rapporté par Muslim (608)

Ce hadith rappelle notamment l’importance du temps prescrit pour cette prière. Il ne doit cependant pas être compris comme une invitation à retarder volontairement Tàkkusaan jusqu’aux derniers instants. L’enjeu est de ne pas attendre que l’urgence s’installe pour nous préoccuper de nos obligations religieuses. La vigilance commence bien avant les dernières minutes : elle repose sur l’anticipation, la discipline et la volonté de donner à la prière la place qu’elle mérite.

Cette période de l’année nous invite ainsi à redoubler d’attention et à veiller à ce que le rythme de nos journées ne prenne jamais le dessus sur celui de nos prières.

5. Une belle perspective : un Ramadan entièrement à l’heure d’hiver se profile à l’horizon

Enfin, ce changement de saison nous invite à tourner nos regards vers le prochain Ramadan, attendu aux alentours du 8 février 2027, إن شاء الله, sous réserve de la confirmation de son début.

Après plusieurs années où nous avons parfois vécu le Ramadan en plein été, avec de longues journées de jeûne, un xëdd très matinal et un ndogu tardif, nous pouvons accueillir cette perspective avec gratitude. Le temps consacré aux repas était souvent réduit, tant le besoin de dormir se faisait sentir. Mais AlhamdulilLAAH, ALLAH nous accorde, par Sa bonté, la perspective de Ramadans aux journées de jeûne plus courtes, et ce pour plusieurs années encore, إن شاء الله. Une belle occasion de nous rappeler que la patience et la persévérance portent aussi leurs fruits.

Avec des journées encore relativement courtes et des nuits plus longues, nous pourrons, selon notre localité, bénéficier d’une durée de jeûne plus favorable. Ce sera également une occasion précieuse de consacrer davantage de temps au Coran, aux qasiida, aux Salaatu Hala n-Nabii ﷺ, aux prières nocturnes et au recueillement.

Pour celles et ceux qui ont encore des jours de jeûne à rattraper, cette période offre aussi des conditions plus favorables pour s’en acquitter avant l’arrivée du prochain Ramadan, إن شاء الله.

Qu’ALLAH, Le très-Haut, nous permette d’atteindre le mois de Ramadan, de vivre pleinement ses bienfaits et d’en sortir spirituellement grandis.

L’heure change. Et nous ?

Au fond, le passage à l’heure d’hiver nous rappelle une vérité essentielle : le temps passe, les saisons changent et les occasions qui nous sont offertes ne durent pas toujours.

Cette heure gagnée sur nos horloges pourrait devenir une occasion de gagner en discipline, en constance et en proximité avec ALLAH. Les horaires actuels de Fajar peuvent nous aider à prendre un bon départ, tandis que le rapprochement des prières de la journée nous appelle à mieux organiser nos activités et à renforcer notre vigilance.

Ne nous contentons donc pas de reculer nos montres d’une heure. Profitons de ce changement pour revoir nos habitudes, renouveler nos intentions et donner à la prière la place centrale qu’elle doit occuper dans notre vie.

Commençons par les efforts qui sont à notre portée aujourd’hui, sans attendre que les circonstances deviennent plus difficiles. Et lorsque viendront les matins plus précoces et les journées plus chargées, puissions-nous trouver dans les habitudes que nous aurons construites la force de persévérer.

Que ce changement d’heure ne soit pas seulement un changement sur nos horloges, mais aussi un nouveau départ dans notre relation avec ALLAH.

Qu’ALLAH, Le Très-Haut, nous accorde la constance dans l’accomplissement de nos cinq prières quotidiennes, nous aide à les préserver chacune dans son temps prescrit, raffermisse notre foi et nous maintienne sur la voie de notre vénéré Cheikh Ahmadou Bamba, Khadimou Rassoul, رضي الله عنه.

Jërëjëf,

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